LA CDI-FNAIM et Sites et Cités Remarquable de France ont envoyé une lettre commune au gouvernement afin de définir un DPE bâti ancien pour les bâtiments construits avant 1948. A travers ce courrier, écrit conjointement par Yannick AINOUCHE, Président de la CDI-FNAIM et Martin MALVY, Président de Sites et Cités Remarquable de France, nous voulons remédier aux erreurs de la méthode de calcul du DPE actuel et créer un DPE spécifique qui prend en compte les qualités intrinsèques des bâti anciens.

Pourquoi a-t-on besoin d’un DPE bâti ancien

Un bâtiment plus ancien n’est pas forcément plus énergivore

Aujourd’hui la tendance voudrait que les bâtiments les plus anciens soient naturellement des passoires énergétiques. Or le projet BATAN, mené au début des années 2010 et piloté par l’ADEME et le ministère du logement, a montré que le parc ancien était beaucoup moins énergivore que les bâtiments de la période 1949-1974. Le classement moyen des constructions datant d’avant 1948 devrait correspondre à une étiquette D et une consommation énergétique de 200 kwhEP.m2.an.

Le DPE actuel avec une approche pénalisant l’ancien

Les résultats du premier trimestre 2023 publiés par l’ADEME montre que sur 850 000 logements sortis de terre avant 1948, 60% d’entre eux sont classés avec une étiquette énergétique E, F ou G. La majorité du bâti ancien est donc soumis à une obligation de rénovation d’ici à 2034 (si proposés à la location).

Cela est dû à la méthode de calcul 3CL du DPE qui ne restitue pas correctement les qualités intrinsèques de l’ancien.

« Le bâti traditionnel réclame une approche davantage environnementale qui prend en compte le système constructif particulier et les propriétés hygrométriques et d’inertie des matériaux utilisés. » souligne les deux présidents

Comment créer un DPE spécifique au bâti ancien

Les pistes de réflexions

Aujourd’hui, des pistes de réflexions existent. Des changements au DPE peuvent être apportés pour une meilleure prise en compte des espaces tampon, de la réalité des ponts thermiques, du confort d’été ainsi que pour des isolants biosourcés et géosourcés comme le torchis des murs ou les toitures de chaume, les enduits isolants…

Les logements de petites surfaces font face au même problème de pénalisation dû au modèle actuel du DPE. En apportant les correctifs nécessaires, nous pouvons assoir sa crédibilité dans l’ancien. Aujourd’hui, un tiers du parc de logements français date d’avant 1948.

Un travail de rééquilibrage urgent pour le DPE dans l’ancien

Avec plus de 7 millions d’habitations (tout type confondu) identifiés comme des passoires énergétiques par l’actuel méthode du DPE, les objectifs voulus par la loi Climat et Résilience et demain l’Europe, semblent inatteignables.

Adapter le DPE à la construction ancienne, permettra de savoir où concentrer les efforts pour réussir la transition énergétique du bâti et d’éviter en même temps une montée en puissance de la contestation des propriétaires concernés.

« On ne peut asseoir des contraintes sur des documents dont l’argumentation est contestée par les professionnels eux-mêmes. Améliorer les connaissances des diagnostiqueurs va certainement dans le bon sens, mais encore une fois, comment fonder une politique en espérant que certains seront meilleurs que d’autres et auront une appréciation plus fine, ce qui sous-entend que les autres conduiraient à l’erreur ? », concluent les deux signataires.

Lettre de la CDI-FNAIM et Sites et Cités Remarquable de France à destination des pouvoirs publics